Pour assurer l'expansion et la pérennité de son domaine, et afin de s'assurer que seuls ses fils hériteront de son royaume, Clovis élimine progressivement tous les obstacles: il fait assassiner tous les chefs saliens et rhénans voisins mais aussi certains de ses anciens compagnons et même certains membres de sa famille, y compris éloignés. En 490, quelques années après son alliance avec les Francs rhénans, il entame une série d'offensives contre la Germanie rhénane et transrhénane.
Il se lance dans une grande série d'alliances et de conquêtes militaires, à la tête de quelques milliers d'hommes au départ. Davantage que les armes, certes efficaces, des Francs, c'est semble-t-il le savoir-faire acquis au service de l'Empire romain et contre les autres barbares qui rend possibles les succès militaires des guerriers de Clovis.
A travers lui, ce n'est pourtant pas un peuple germanique qui s'impose aux Gallo-romains, c'est la fusion d'éléments germains et latins qui se poursuit. Ainsi, alors que Chlodowig (Clovis) porte un nom barbare et que Syagrius est pourtant qualifié de "Romain" par les sources, ce dernier ne bénéficie visiblement pas de l'appui de son peuple. Le roi "barbare" ostrogoth Théodoric le Grand, dans sa prestigieuse cour de Ravenne, perpétue par ailleurs tous les caractères de la civilisation romaine tardive et, tout en restant un Ostrogoth confessant le christianisme homéen-élément identitaire du peuple gothique-, compose avec ses sujets italiens attachés au catholicisme nicéen.
Malgré de durs combats, clovis s'impose assez rapidement parce qu'il paraît déjà passablement romanisé et, en définitive, un moins mauvais maître que la plupart des prétendants: "au moins est-il chrétien", auraient dit les Gallo-romains. Il aurait d'ailleurs eu un conseiller gallo-romain, Aurelianus. A l'inverse, les Wisigoths, chrétiens ariens, tiennent l'Aquitaine d'une main de fer et ne font aucun effort pour tenter un rapprochement avec les Gallo-romains chrétiens nicéens, qu'ils dominent.