VIe siècle
1er janvier 501 et finit le 31 décembre 600
1er janvier 501 et finit le 31 décembre 600
Evénements
Afrique:
Selon une inscription en grec de la fin du Ve ou du début du VIe siècle, le roi nubien Silco, "bastilikos des Nobates", extermine les Blemmyes, alliés des Ethiopiens, qui occupaient les déserts de la mer Rouge jusqu'aux approches de l'Egypte. Bientôt les Bedja envahissent le désert, coupant Aksoum de ses liens avec le Nord. Dès la fin du VIIe siècle, ils se mettent à piller et occuper le plateau érythréen.
Vers 500: les Bantous atteignent le Limpopo et arrivent en Afrique du Sud avec leur fer et leur bétail domestiqué (site de Lydenburg).
Vers 570-580: après le déclin de Méroé, trois royaumes chrétiens se constituent en Nubie et au Soudan nilotique, soutenus par les Byzantins: le royaume de Nobatia au nord (capitale Ballana), de Makurie en Nubie (capitale Dongola) et d'Alodia (Aloa, capitale Soba, au sud de la VIe cataracte) au Soudan. Ils subsistent jusqu'aux XIVe-XVe siècles. Dongola, capitale de Makurie, est le point de départ de la piste du Tchad via le Darfour.
578: les Ethiopiens du royaume d'Aksoum sont définitivement chassés d'Arabie par les Perses. Le commerce maritime en mer Rouge se raréfie au profit du trafic caravanier par La Mecque. Le royaume s'affaiblit (VIe-VIIe siècles). L'expansion de l'Islam l'oblige à se tourner vers le sud.
VIe-VIIe siècle: métallurgie, culture du sorgho et des doliques à oeil noir en Zambie et au Zimbabwe (sites de Chondwe dans le Copperbelt, Kapwirimbwe près de Lusaka et Kalundu près de Kalomo).
Amérique:
Vers 450-650: apogée de Teotihuacan, au Mexique (Teotihuacan III); sa population atteint environ 125 000 à 200 000 habitants. A la fin de la période classique ancienne en Mésoamérique, son influence se fait sentir en territoire Maya, à plus de 1 100km: des comptoirs commerciaux et des villes sont édifiés dans le style de Teotihuacan, comme à Kaminaljuyu.
500-750: troisième période des vanniers (Basketmaker III) dans le sud-ouest des actuels Etats-Unis.
Vers 500-700: les Chumash, établis aux environs de Santa Barbara, de Ventura et des Channel Islands en Californie adoptent de grands canots en planches de séquoia cousues qui leur permettent de pêcher en haute mer à 100 km des côtes.
Asie et Pacifique:
507 et 554: construction des bouddhas gigantesques du monastère rupestre de Bâmiyân en Afghanistan, de 35 et 53 mètres de haut. Les statues étaient recouvertes d'or et décorées de vêtements précieux.
535:
explosion du Krakatoa
introduction officielle du bouddhisme au royaume du Silla en Corée; il devient une force puissante et inspire fortement la vie intellectuelle et artistique.
538-710: période Asuka au Japon après l'introduction officielle du bouddhisme au Yamato
543: début de la dynastie Châlukya de Vatapi; les dynasties Châlukya règnent sur la partie occidentale de l'Inde et le Dekkan jusqu'en 1297. Leur fondateur Pulakeshim Ier déplace la capitale de Aiholi à Bâdâmi (550-570). Ses successeurs prendront pied dans le Gujerat et en pays Andhra puis imposeront leur suprématie.
Vers 550:
fin de l'empire Gupta en Inde. Le royaume de Magadha est dirigé jusqu'au VIIe siècle par une dynastie Gupta qui ne semble pas avoir de parenté (le premier nom de roi connu est celui de Krishnagupta, vers 490-505). De nombreuses dynasties locales reprennent de l'importance, comme celle des Maitrakas dans le Gujerat ou celle des Vardhana à Thânesar.
au Cambodge, le Chenla prend son indépendance vis-à-vis du Funan, qu'il annexe en 598.
552-710: période Asuka au Japon.
Pushyabhuti fonde la dynastie des Vardhamana qui règne à Thaneshwar, près de Lahore (Pendjab). Prabhakara-Vardhana (vers 580-605), un de ses successeurs, fils d'une princesse Gupta, réussit à étendre son influence après avoir lancé des raids victorieux contre les Huns.
Début supposé des premières migrations des Roms du nord de l'Inde. Ils parlent un dialecte hindi d'origine indo-européenne.
Europe
Occident au VIe siècle
L'Occident au VIe siècle reste dans le monde de l'Antiquité tardive et est toujours centré sur la Méditerranée.
Cette période se caractèrise par l'émiettement du pouvoir politique. Comme au siècle précédent, la justification du pouvoir repose essentiellement sur la force militaire.
En parallèle, à la suite du déclin de l'empire au Ve siècle, la société est réorganisée par l'Eglise. Les structures politiques et administratives romaines ont disparu et sont remplacées par des nouvelles qualifiées de "romano-barbares". Les structures chrétiennes se consolident, qu'elles soient épiscopales ou monacales, dans un mouvement qui se prolongera au VIIe siècle. Les pèlerinages se multiplient. Au VIe siècle, le tombeau de saint Martin de Tours draine des foules considérables. C'est au VIe siècle que Denys le Petit élabore un comput chrétien à partir de l'année de naissance du Christ, mais il n'entre en vigueur qu'au VIIIe siècle.
Royaumes romano-barbares en 526
Clovis Ier
Clovis Ier, en latin Chlodovechus, né vers 466 et mort à Paris, le 27 novembre 511, est roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511.
Issu de la dynastie des Mérovingiens, il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs saliens de Tournai (en actuelle Belgique), et de la reine Basine de Thuringe. Chef militaire, il accroît considérablement le territoire du petit royaume des Francs saliens, dont il hérite à la mort de son père, pour unifier une grande partie des royaumes francs, repousser Alamans et Burgondes et annexer les territoires des Wisigoths dans le Sud de la Gaule ainsi que le Royaume de Soissons contrôlé par Syagrius et qui correspond à une partie de la Lyonnaise romaine.
Le règne de Clovis est surtout connu par la description qu'en fit Grégoire de Tours, évêque gallo-romain dont l'Histoire des Francs est riche d'enseignements. La visée de ce livre, essentiellement édifiante, manque de précision et de cohérence historique. Les éléments de la vie de Clovis ne sont pas connus de manière certaine et leur "habillage" est le plus souvent suspect. Clovis est considéré dans l'historiographie comme l'un des personnages les plus importants de l'histoire de France, notamment à travers sa conversion au christianisme.
Sources
Le règne de Clovis est l'un des moins bien documentés de la dynastie mérovingienne; les sources le concernant reposent sur de rares documents qui lui sont contemporains-une dizaine de lettres allusives, dont une lui est attribuée, et qui fait moins de quinze lignes-connues par des copies tardives, pas toujours très fiables, et sur des auteurs qui écrivent près de trois générations après sa mort. Cette documentation lacunaire a permis "de largement spéculer sur la figure du fondateur de la dynastie mérovingienne" qui "réduit à sa seule consistance historique vérifiable [...] serait demeuré dans la discrétion de l'histoire savante".
L'essentiel des connaissances relatives à Clovis provient du récit rédigé à la fin du VIe siècle par l'évêque Grégoire de Tours, né longtemps (près de trente années) après la mort du roi franc. Ce récit occupe une courte partie-quinze courts chapitres-du livre II de la chronique universelle connue sous le titre d'Histoire des Francs. Grégoire entend faire de Clovis, premier roi franc baptisé, une figure fondatrice, qu'il dépeint à l'image d'un souverain de l'Ancien Testament*, dans un récit qui est à ce titre sujet à caution. Sa narration des événements suit un découpage par tranches de cinq années, peut-être une réminiscence des quinquennalla ou des lustra romaines: accession au trône à 15 ans, guerre contre Syragrius à 20, baptême à 30, consulat à 40 et décès à 45. A partir du VIIIe siècle, les copistes tendent à escamoter le premier volume des Histoires, contribuant à faire de Clovis le roi des origines.
Trois sources antérieures à celle de Grégoire de Tours décrivent la situation politique du Nord de la Gaule à cette époque. Il s'agit de la Chronique d'Hydace, évêque de Chaves en Gallaecia, d'une chronique gallo-romaine du Ve siècle, la Chronica Gallica de 511) et de la Chronique de Marius, évêque d'Avenches. Un siècle après Grégoire, le chroniqueur appelé Frédégaire propose un portrait "beaucoup plus baroque" du souverain franc, oscillant entre traditions germaniques et romaines.