Monuments romains en France
Arènes d'Arles
Maison Carrée (Nîmes)
Arc d'Orange
Pont du Gard
Amphithéâtre des Trois Gaules (Lyon)
Temple d'Auguste et de Livie (Vienne)
Arc de Germanicus (Saintes)
Théâtre d'Autun (Saône-et-Loire)
Thermes de Cluny (Paris)
Rien ne semble changer au début de l'occupation romaine. Certes les Gaulois doivent payer leurs tributs, mais ils gardent leurs magistrats et leur manière de vivre. Les voies romaines reprennent en grande partie les voies gauloises déjà nombreuses et bien entretenues, ce qui explique la grande rapidité de déplacement des légions romaines, la pacification sur le Rhin et en Bretagne favorisent l'essor économique. Pierre Gros résume ainsi l'impact de la présence romaine: "la conquête romaine qui a entraîné l'entrée dans les temps historiques, a modelé pour des siècles le paysage rural, établi ou aménagé les principaux axes de communication, urbanisé d'immenses terroirs, défini les territoires administratifs".
L'urbanisation généralisée voit le développement de nombreuses cités, organisées sur le mode des municipes italiens, villes qui toutes perdurent encore de nos jours, tandis que les campagnes se couvrent de bourgades (vici) et de grandes exploitations agricoles (villae). La Gaule est alors avec l'Egypte la région la plus peuplée de l'Empire romain, avec une population estimée à 7 millions d'habitants. En 48, l'empereur Claude donne accès au Sénat romain aux notables gaulois, comme le montrent les Tables de Lyon.
Le développement économique bénéficie des siècles de Pax Romana: l'extension des vignes en Aquitaine, dans la vallée du Rhône et de la Saône et même dans celle de la Moselle est telle qu'elle concurrence les vins italiens. Des artisans italiens installés en Gaule créent une indutrie de la céramique sigillée propère (par exemple à La Graufesenque). L'artisanat gaulois produit aussi en abondance des objets en bois, des vêtements de laine et exporte vers les grands centres de consommation en Italie, sur le Rhin et le haut Danube. Les échanges ne se limitent pas aux biens matériels: à côté des cultes populaires du nombreux panthéon gaulois, apparaissent dans les villes d'autres religions d'origine orientale: culte de Mithra, de Cybèle, de Jésus, attesté à partir de 177 les Martyrs de Lyon). Ce dernier culte deviendra prépondérant dans les milieux urbains à partir du IVe siècle.
Cinq siècles de romanisation laissent de profondes marques sur les Gaules: les parlers bas latins dont dérivent l'occitan et le français d'oïl (ainsi que le corse hors des limites de la Gaule), un droit écrit dégagé de tout principe religieux, des villes, une religion (le catholicisme), et même des habitudes quotidiennes (le pain, la vigne et le vin).